Plantes invasives les plus répandues en France
En France métropolitaine, les plantes exotiques envahissantes les plus répandues sont la renouée du Japon sur les berges et les talus, l’ailante et le robinier sur les friches et les voies ferrées, le buddleia dans les villes, l’érable negundo le long des grandes rivières, la berce du Caucase dans le nord et l’est, et l’ambroisie dans la vallée du Rhône. Trois d’entre elles (ailante, berce du Caucase, asclépiade) figurent sur la liste européenne des espèces préoccupantes, et l’ambroisie fait l’objet d’une lutte obligatoire pour des raisons de santé publique.
Mis à jour le 7 novembre 2026
En bref
- Les plus répandues : renouée du Japon, ailante, robinier, buddleia, érable negundo, verge d’or, berce du Caucase, ambroisie, cerisier tardif au nord, mimosa et figuier de Barbarie au sud.
- Statuts différents : liste européenne (interdiction de vente, de plantation et de transport) pour l’ailante, la berce du Caucase et l’asclépiade ; lutte obligatoire contre l’ambroisie ; simple recommandation pour les autres.
- Milieux les plus touchés : berges de rivières, friches urbaines et industrielles, bords de routes et de voies ferrées, forêts claires sur sable.
- Le geste individuel le plus utile : ne pas planter, ne pas déplacer de terre ou de déchets verts contaminés, signaler les nouvelles stations.
- La renouée du Japon ne s’arrache pas : on l’épuise par fauches répétées et on ne composte jamais ses fragments.
Quelles sont les invasives que l’on rencontre partout en France ?
La liste ci-dessous retient les espèces terrestres les plus fréquentes dans les paysages ordinaires, celles qu’un promeneur ou un jardinier croise réellement. Les plantes aquatiques (jussies, myriophylle du Brésil, élodées) et les espèces d’outre-mer, pourtant parmi les plus problématiques, ne sont pas traitées ici. Le statut juridique indiqué est celui que nous pouvons affirmer avec certitude ; pour les autres espèces, les conservatoires botaniques nationaux tiennent des listes régionales qui font référence.
| Espèce | Origine | Milieux envahis | Pourquoi elle pose problème | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Renouée du Japon | Asie de l’Est | Berges, talus, remblais, friches, bords de routes | Massifs monospécifiques, érosion des berges, rhizomes qui traversent les enrobés ; se propage par fragments de quelques grammes | Non inscrite sur la liste européenne, mais parmi les plus surveillées par les conservatoires botaniques |
| Ailante | Chine | Friches urbaines, voies ferrées, murs, lisières | Drageons à plusieurs mètres, substances racinaires qui inhibent les autres plantes, sève irritante | Liste européenne (interdiction de vente, de plantation et de transport) |
| Berce du Caucase | Caucase | Berges, prairies humides, talus, surtout nord et est | Brûlures graves par photosensibilisation, ombrage des berges | Liste européenne |
| Ambroisie à feuilles d’armoise | Amérique du Nord | Cultures, chantiers, bords de routes ; vallée du Rhône, Auvergne, Bourgogne, en extension | Pollen très allergisant d’août à octobre | Lutte obligatoire (décret de 2017), plateforme nationale de signalement |
| Asclépiade commune | Amérique du Nord | Friches, bords de champs ; encore localisée | Colonies par rhizomes, toxicité pour le bétail | Liste européenne |
| Buddleia | Chine | Friches, voies ferrées, murs, gravières | Millions de graines, colonise les milieux pionniers au détriment de la flore locale ; nourrit les papillons adultes mais pas leurs chenilles | Recommandation de ne plus planter ; stérilisation des cultivars en cours |
| Érable negundo | Amérique du Nord | Forêts alluviales du Rhône, de la Garonne, de la Loire | Remplace saules, peupliers et frênes dans les ripisylves | Listes régionales |
| Robinier | Appalaches | Talus, forêts claires, friches ; partout | Fixe l’azote et transforme les pelouses sèches et les sous-bois pauvres ; drageonne | Statut débattu (bois et miel appréciés) ; déconseillé en milieu naturel |
| Verge d’or du Canada et verge d’or géante | Amérique du Nord | Friches, berges, prairies abandonnées | Tapis denses par rhizomes | Listes régionales |
| Cerisier tardif | Amérique du Nord | Forêts sur sable du Nord, de Picardie, des Landes | Sous-étage dense qui bloque la régénération des chênes et des pins | Listes régionales |
| Laurier-cerise | Balkans, Asie Mineure | Sous-bois près des villes, Alsace, Nord | Ombre dense persistante, feuilles toxiques peu consommées | Listes régionales |
| Mimosa d’hiver | Australie | Côte d’Azur, Corse, Pays basque | Drageons, inflammabilité, remplace le maquis | Listes régionales (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse) |
| Figuier de Barbarie, agave | Amérique | Littoral méditerranéen, Corse | Remplacent la végétation des falaises et des dunes | Listes régionales |
| Vigne vierge, bambous traçants, sumac vinaigrier | Amérique, Asie | Abords des jardins, haies, berges | Échappées de jardins, surtout locales | Vigilance |
Que signifient les différents statuts ?
- Liste européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes (règlement de 2014, mis à jour plusieurs fois) : il est interdit d’introduire, de vendre, de cultiver, de transporter et de relâcher ces espèces dans l’Union européenne ; les détenteurs doivent empêcher leur propagation. En France, le ministère chargé de l’écologie et l’Office français de la biodiversité pilotent la mise en œuvre, et des arrêtés nationaux complètent la liste.
- Lutte obligatoire : cas particulier de l’ambroisie, pour laquelle les préfets peuvent imposer la destruction par arrêté ; les communes désignent des référents et la plateforme nationale de signalement recense les foyers.
- Listes régionales des conservatoires botaniques : sans valeur contraignante pour les particuliers, elles guident les collectivités et les gestionnaires et sont le meilleur indicateur de ce qui pose problème près de chez vous.
Comment agir, espèce par espèce, dans un jardin ou sur un terrain ?
| Espèce | Ce qui marche | Ce qu’il ne faut pas faire |
|---|---|---|
| Renouée du Japon | Fauches répétées (6 à 8 par an) pendant plusieurs années, bâchage, plantation dense de saules et d’aulnes ; évacuation des déchets en filière spécialisée | Arracher ou broyer (chaque fragment repart), composter, déplacer la terre |
| Ailante | Écorçage partiel sur pied ou coupe suivie d’un traitement des rejets pendant 3 à 5 ans ; signaler | Couper net une fois (explosion de drageons) |
| Berce du Caucase | Section de la racine à 15 cm sous le sol au printemps, en combinaison et visière ; destruction des ombelles avant graines ; signaler | Débroussailler en plein soleil sans protection |
| Ambroisie | Arrachage avec gants avant floraison (juillet), fauche fin juillet et fin août, végétalisation des sols nus ; signaler sur la plateforme nationale | Laisser des sols nus ou des tas de terre |
| Buddleia, verge d’or, sumac | Couper les fleurs avant la graine, arracher les jeunes pieds, remplacer par des indigènes (voir Espèces indigènes et invasives) | Laisser fructifier « pour les papillons » |
| Robinier, érable negundo, cerisier tardif | Ne pas planter ; arracher les semis ; en forêt, laisser les gestionnaires intervenir | Couper un grand robinier sans plan de suivi (drageons) |
Comment reconnaître les trois invasives à ne pas confondre ?
La renouée du Japon se reconnaît à ses tiges creuses rougeâtres à nœuds marqués, semblables à du bambou, et à ses feuilles alternes, larges, tronquées à la base et terminées en pointe ; aucune plante indigène de berge ne lui ressemble. L’ailante a des feuilles composées de 60 à 90 cm à folioles portant une ou deux dents glanduleuses à la base, et une odeur désagréable au froissement, ce qui le distingue du frêne (feuilles opposées) et du noyer (folioles sans dents glanduleuses, odeur agréable). L’ambroisie ressemble à l’armoise commune, mais ses feuilles sont vertes des deux côtés, alors que celles de l’armoise sont blanches en dessous. Pour vérifier chaque critère, servez-vous de la clé d’identification et du lexique.
Où et à qui signaler une station ?
Les observations peuvent être transmises à l’INPN, aux conservatoires botaniques nationaux de votre région (qui animent souvent une plateforme participative), ou directement à la commune pour les terrains publics. Pour l’ambroisie, la plateforme nationale dédiée transmet le signalement au référent communal. Une photo de la plante entière, une des feuilles, une des fleurs ou fruits, et la localisation précise suffisent. Les mêmes espèces, ou leurs cousines, sont traitées pour l’autre rive de l’Atlantique dans Plantes envahissantes au Québec, et les risques cutanés de la berce dans Feuilles urticantes et brûlures.
Sources
Voir aussi
- Espèces indigènes et espèces invasives : les différencesHerbier · guide
- Plantes envahissantes au Québec : les reconnaîtreHerbier · guide
- Feuilles urticantes et brûlures de plantes : que faireHerbier · guide
- Renouée du Japon : reconnaître sa feuilleHerbier · espèce
- Ailante (faux vernis du Japon) : reconnaître sa feuilleHerbier · espèce
- Les arbres les plus courants : mémo d’identificationFiches · Nature