Arbres les plus courants en Belgique et en Suisse

En Belgique, les forêts d’Ardenne sont dominées par l’épicéa planté, le hêtre et les chênes, tandis que la Flandre et la Campine associent pins, bouleaux, chênes et peupliers ; en Suisse, l’épicéa est l’arbre le plus fréquent et le hêtre le premier feuillu, suivis du sapin, du mélèze et de l’érable sycomore, avec un étage alpin de mélèze et d’arolle et un Tessin de châtaigniers. Dans les deux pays, les mêmes dix critères de feuilles et d’aiguilles permettent de nommer la plupart des arbres rencontrés.

Mis à jour le 7 novembre 2026

En bref

  • Belgique : épicéa, hêtre et chênes en Ardenne ; pins sylvestre et noir, bouleau, chêne pédonculé et peupliers en Flandre et en Campine ; frêne, érable sycomore et charme dans les plaines et les vallées.
  • Suisse : épicéa (premier arbre du pays), hêtre (premier feuillu), sapin blanc, mélèze, pin sylvestre, érable sycomore et frêne ; arolle et mélèze en haute montagne ; châtaignier et chêne pubescent au Tessin.
  • La forêt de Soignes près de Bruxelles et les hêtraies du Jura sont les hêtraies les plus connues ; l’Ardenne et les Préalpes sont des pays d’épicéa.
  • Pour distinguer épicéa et sapin : aiguilles piquantes à section carrée et cônes pendants pour l’épicéa, aiguilles plates à deux lignes blanches et cônes dressés pour le sapin.
  • Le frêne, très commun dans les deux pays, est en recul rapide à cause de la chalarose.

Quels arbres dominent les forêts belges ?

La forêt belge couvre un peu plus d’un cinquième du pays et se concentre en Wallonie, où l’Ardenne en abrite l’essentiel. Elle se partage presque à égalité entre feuillus et résineux, ces derniers étant presque entièrement des plantations d’épicéa commun, auxquelles s’ajoutent le douglas, le mélèze et le pin sylvestre. Côté feuillus, les chênes (pédonculé en plaine, sessile sur les versants) et le hêtre dominent, avec le bouleau, le frêne, l’érable sycomore et le charme en accompagnement. La Flandre, moins boisée, est le pays des pinèdes de Campine, des chênaies-boulaies sur sable et des peupleraies de plaine.

RégionArbres les plus fréquentsRepère
Ardenne (Luxembourg, Liège, Namur)Épicéa, hêtre, chêne sessile, bouleau, sorbier des oiseleurs, douglasPessières sombres sur les plateaux, hêtraies sur les pentes
Condroz, Fagne-Famenne, Entre-Sambre-et-MeuseChêne pédonculé et sessile, charme, hêtre, érable champêtre, merisierChênaies-charmaies sur calcaire, haies d’aubépine et de charme
Brabant, Hainaut, forêt de SoignesHêtre, chênes, frêne, érable sycomore, châtaignierHêtraie « cathédrale » de Soignes, plantée à la fin du XVIIIe siècle
Campine, Limbourg, AnversPin sylvestre, pin noir, bouleau, chêne pédonculé, chêne rouge d’AmériquePinèdes sur sable, landes à bruyère
Flandre occidentale et orientale, poldersPeupliers hybrides, saule blanc, aulne, frêne, ormeAlignements de peupliers le long des canaux, saules têtards

Quels arbres dominent les forêts suisses ?

Un tiers de la Suisse est boisé, et la forêt y est d’abord une forêt de montagne. L’Inventaire forestier national du WSL place l’épicéa en tête, loin devant, puis le hêtre, le sapin blanc, le mélèze, le pin sylvestre, l’érable sycomore et le frêne. La répartition suit l’altitude et les régions climatiques : feuillus et épicéa planté sur le Plateau, hêtre-sapin-épicéa dans le Jura et les Préalpes, épicéa puis mélèze et arolle dans les Alpes, pins dans les vallées sèches du Valais et des Grisons, châtaigniers et chênes au sud des Alpes.

RégionArbres les plus fréquentsRepère
Plateau (Genève à Zurich et Saint-Gall)Hêtre, épicéa, frêne, érable sycomore, chênes, tilleul à grandes feuilles, merisierHêtraies mélangées, épicéas plantés en recul
Jura (Vaud, Neuchâtel, Jura, Bâle-Campagne)Hêtre, sapin blanc, épicéa, érable sycomore, alisier blancHêtraies-sapinières, pâturages boisés d’épicéas isolés
Préalpes et Alpes du NordÉpicéa, sapin blanc, hêtre jusqu’à 1 400 m, érable sycomore, aulne blanc le long des torrentsForêts de protection contre les avalanches
Alpes centrales (Valais, Grisons, Engadine)Mélèze, arolle (pin cembro), épicéa, pin sylvestre, pin à crochets, pin mugoMélézins dorés en octobre, arolles à la limite des arbres vers 2 300 m
Tessin et vallées du sudChâtaignier, chêne pubescent, robinier, tilleul, bouleau, frêne à fleursAnciennes châtaigneraies cultivées, palmiers échappés des jardins

Comment reconnaître les espèces communes aux deux pays ?

Les mêmes arbres reviennent de l’Ardenne au Jura : voici les critères qui les séparent sur le terrain.

  • Épicéa ou sapin blanc ? Aiguilles de l’épicéa piquantes, à section carrée, insérées tout autour du rameau sur des coussinets, cônes pendants qui tombent entiers ; aiguilles du sapin plates, souples, disposées en peigne avec deux bandes blanches dessous, cônes dressés qui se désagrègent sur l’arbre.
  • Mélèze : seul conifère indigène à perdre ses aiguilles, groupées en rosettes sur des rameaux noueux ; jaune d’or en octobre.
  • Hêtre ou charme ? Feuille du hêtre à bord ondulé et entier, tronc lisse ; feuille du charme doublement dentée et plissée, tronc cannelé.
  • Chêne pédonculé ou sessile ? Pétiole très court et base à oreillettes chez le pédonculé, pétiole long et base en coin chez le sessile.
  • Érable sycomore ou érable plane ? Lobes à dents arrondies et sinus fermés pour le sycomore, lobes à pointes fines et latex blanc au pétiole cassé pour l’érable plane.
  • Frêne : feuilles composées opposées, bourgeons noirs ; en recul partout à cause de la chalarose décrite dans Maladies des feuilles.
  • Bouleau verruqueux ou pubescent ? Rameaux pendants couverts de verrues pour le verruqueux, rameaux duveteux et dressés pour le pubescent, plus fréquent dans les tourbières ardennaises et les hautes vallées.

Quels arbres voit-on dans les villes belges et suisses ?

Bruxelles, Liège, Gand, Lausanne, Genève, Berne et Zurich partagent le même cortège d’alignement que les villes françaises : platane, tilleuls, marronnier, érable plane, charmes fastigiés, auxquels s’ajoutent de nombreux hêtres pourpres dans les parcs et, en Suisse, le sophora et le ginkgo. Le guide Les arbres de ville et d’alignement les décrit. Pour les forêts françaises voisines, voyez Les arbres les plus courants en France ; pour une version condensée, la fiche Les arbres les plus courants : mémo ; et pour avancer pas à pas, la clé d’identification.

Sources

  1. Institut fédéral de recherches WSL, Inventaire forestier national suisse (IFN)
  2. Office fédéral de l’environnement (Suisse), forêts
  3. Service public de Wallonie, Environnement, forêt et nature
  4. Info Flora, centre national de données sur la flore suisse

Voir aussi