Maladies des feuilles : reconnaître les symptômes

On reconnaît une maladie des feuilles d’abord à son symptôme (tache, poudre, cloque, perforation, galle) et ensuite à l’espèce atteinte, car la plupart des champignons sont fidèles à un hôte. La grande majorité de ces affections sont inesthétiques mais sans danger pour un arbre adulte, et l’action la plus efficace reste de ramasser et d’évacuer les feuilles atteintes.

Mis à jour le 7 novembre 2026

En bref

  • Observez trois choses : l’aspect du symptôme, sa face (dessus ou dessous de la feuille) et l’espèce concernée ; cela suffit à nommer la cause dans la plupart des cas.
  • Les taches noires ou brunes sont presque toujours des champignons, le feutrage blanc est l’oïdium, le duvet gris dessous est le mildiou, les excroissances sont des galles d’insectes ou d’acariens.
  • Sur un arbre adulte, une maladie foliaire fait rarement plus que gêner l’esthétique ; sur un jeune plant, un fruitier ou un légume, elle peut compter.
  • Ramasser les feuilles malades, aérer la couronne et éviter d’arroser le feuillage sont les trois gestes utiles ; les traitements chimiques sont rarement justifiés au jardin.
  • Certaines maladies sont réglementées (feu bactérien, chancre coloré du platane) : on ne les traite pas soi-même, on les signale.

Comment examiner une feuille malade ?

Avant de chercher un remède, prenez le temps d’observer une dizaine de feuilles, sur plusieurs branches, et notez :

  • Le type de symptôme : tache délimitée, décoloration diffuse, poudre, duvet, cloque, trou, bord grignoté, excroissance, dessèchement.
  • La face concernée : un duvet sous le limbe et des taches jaunes dessus signent un mildiou ; une poudre sur le dessus signe un oïdium.
  • La répartition : symptôme sur tout l’arbre (cause souvent racinaire ou climatique), sur une branche (cause locale), sur les feuilles basses (champignon éclaboussé depuis le sol), sur les jeunes pousses (pucerons, cloque, oïdium).
  • L’espèce : le rhytisme ne touche que les érables, la tavelure les pommiers et poiriers, la mineuse le marronnier. Identifiez d’abord l’arbre avec la clé d’identification.

Une décoloration uniforme sans tache n’est généralement pas une maladie mais une carence ou un problème d’arrosage : reportez-vous au guide Feuilles jaunes : comprendre la chlorose.

Quelle maladie correspond à quel symptôme ?

Le tableau regroupe les affections les plus courantes en Europe francophone et au Québec. Les noms latins des champignons sont donnés quand ils sont bien établis.

SymptômeHôtes habituelsCause probableAction
Taches noires rondes, luisantes, bordées de jaune (goudron)Érable sycomore, érable planeRhytisme de l’érable (Rhytisma acerinum)Ramasser les feuilles à l’automne ; sans gravité
Taches brunes le long des nervures, jeunes feuilles qui sèchent au printempsPlatane, chênesAnthracnoseAucun traitement utile ; l’arbre refait des feuilles en juin
Taches olive à noires, veloutées, puis fruits crevassésPommier, poirierTavelure (Venturia)Ramasser feuilles et fruits ; variétés résistantes ; voir taches noires
Poudre blanche farineuse sur le dessus des feuilles et des poussesChêne, vigne, rosier, pommier, courgesOïdiumCouper les pousses atteintes ; soufre si nécessaire ; voir oïdium
Taches jaunes huileuses dessus, duvet blanc grisâtre dessousVigne, pomme de terre, tomateMildiouSupprimer les organes atteints ; éviter de mouiller le feuillage
Pustules orangées ou brunes dessous, taches jaunes dessusPeupliers, saules, poirier, rosierRouillesRamasser les feuilles ; éloigner le genévrier du poirier (rouille grillagée)
Feuilles boursouflées, épaissies, rouges puis blanchâtresPêcher, amandierCloque (Taphrina deformans)Couper les pousses atteintes ; prévention à la chute des feuilles
Petits trous ronds comme des coups de plombCerisiers, pruniers, laurier-ceriseCriblure ou maladie cribléeRamasser les feuilles ; tailler les bois morts
Plages brunes entre les nervures, feuilles grillées dès juilletMarronnier d’IndeMineuse du marronnier (Cameraria ohridella)Ramasser et évacuer toutes les feuilles pour détruire les chrysalides
Dépôt noir, collant, qui s’enlève au doigtTilleul, érables, laurierFumagine sur miellat de pucerons ou cochenillesTraiter la cause (pucerons) ; laver si possible
Excroissances rouges en clou, boules ou lentillesTilleul, chêne, hêtre, érablesGalles d’acariens ou de cynipsAucune ; sans conséquence
Feuilles en lambeaux, limbe réduit aux nervuresChênes, buis, viorne obierChenilles (processionnaire, pyrale du buis, galéruque)Identifier l’insecte ; attention aux poils urticants des processionnaires
Rameaux qui noircissent et se recourbent en crosse, feuilles sèches qui restentPoirier, pommier, aubépine, buisson ardentFeu bactérien (Erwinia amylovora)Maladie réglementée : signaler au service phytosanitaire, ne pas tailler au hasard
Dépérissement du houppier, flétrissement des folioles, lésions sur rameauxFrêne communChalarose (Hymenoscyphus fraxineus)Pas de remède ; surveiller la sécurité des arbres au bord des voies

Faut-il traiter un arbre dont les feuilles sont malades ?

Dans la grande majorité des cas, non. Un arbre adulte perd une partie de sa capacité de photosynthèse pendant quelques semaines, puis reconstitue ses réserves. Le rhytisme, l’anthracnose du platane, les galles ou la fumagine n’ont jamais tué un arbre sain. Les traitements fongicides sont difficiles à appliquer sur un grand sujet, polluent et détruisent les auxiliaires. Ils ne se justifient que sur des plantes à forte valeur ou à cycle court : fruitiers, vigne, potager, jeunes plants en pépinière.

En revanche, trois mesures d’hygiène changent réellement le cours des épidémies d’une année sur l’autre :

  1. Ramasser et évacuer les feuilles atteintes à l’automne. C’est là que la plupart des champignons passent l’hiver (tavelure, rhytisme, mineuse). Compostez-les seulement si votre compost chauffe ; sinon, voyez les précautions dans Compost et feuilles mortes.
  2. Aérer la couronne par une taille légère pour que le feuillage sèche vite après la pluie.
  3. Arroser au pied et non sur les feuilles, le matin plutôt que le soir.

Quelles maladies des feuilles doit-on signaler ?

Quelques organismes sont soumis à une réglementation parce qu’ils menacent des filières entières. Le feu bactérien des Rosacées fruitières, le chancre coloré du platane (dont les premiers signes sont un feuillage clairsemé et des feuilles petites, pas des taches) ou certains insectes de quarantaine comme le capricorne asiatique entrent dans cette catégorie. En France, le signalement se fait auprès du Service régional de l’alimentation (SRAL) de la DRAAF ; en Suisse, auprès du service phytosanitaire cantonal ; au Québec, auprès du ministère de l’Agriculture (MAPAQ) ou de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Prenez des photos nettes du symptôme et de l’arbre entier avant d’appeler.

Comment distinguer maladie, parasite et stress ?

Un dernier repère pour trancher les cas ambigus : les champignons produisent des taches aux contours nets, souvent concentriques ou bordés d’un halo jaune, et des fructifications visibles à la loupe (points noirs, pustules). Les insectes laissent des traces mécaniques : trous, galeries, miellat, déjections, toiles. Le stress climatique ou racinaire, lui, produit des symptômes symétriques et diffus : bords brûlés sur tout le pourtour, jaunissement entre les nervures, enroulement généralisé décrit dans Feuilles qui s’enroulent. Pour le potager, la fiche Maladies courantes du potager complète ce tableau.

Sources

  1. INRAE, Ephytia : diagnostic des maladies des plantes
  2. Société nationale d’horticulture de France, Jardiner Autrement
  3. IRIIS phytoprotection (Québec), fiches de diagnostic
  4. Agroscope (Suisse), protection des végétaux

Voir aussi