Compost et feuilles mortes : comment bien les utiliser

Les feuilles mortes sont la matière brune idéale du compost, à mélanger à parts à peu près égales avec des déchets verts humides comme la tonte ou les épluchures. Toutes se compostent, mais celles de chêne, de platane, de noyer et des persistants demandent d’être broyées et mettent un à deux ans, alors que tilleul, frêne, érable ou bouleau disparaissent en quelques mois.

Mis à jour le 7 novembre 2026

En bref

  • Les feuilles mortes sont riches en carbone et pauvres en azote : seules, elles se décomposent très lentement ; mélangées à des déchets verts, elles équilibrent le compost.
  • Broyez-les (passage de tondeuse) : la décomposition est deux à trois fois plus rapide.
  • Les feuilles de tilleul, frêne, érable, bouleau, noisetier, charme et fruitiers se décomposent vite ; celles de chêne, châtaignier, platane, hêtre, noyer et des persistants beaucoup plus lentement.
  • Les feuilles malades (tavelure, rhytisme, mineuse) ne vont au compost que s’il monte en température ; sinon déchetterie ou enfouissement.
  • Si vous avez trop de feuilles pour votre composteur, stockez-les à part dans un silo grillagé : vous obtiendrez du terreau de feuilles et une réserve de matière brune pour toute l’année.

Pourquoi les feuilles mortes sont-elles précieuses pour le compost ?

Un compost réussi repose sur un équilibre entre matières « vertes », humides et riches en azote (tontes, épluchures, fanes), et matières « brunes », sèches et riches en carbone (feuilles mortes, broyat, carton). Les déchets de cuisine seuls donnent un tas compact, acide et malodorant ; les feuilles seules donnent un tas qui ne bouge pas. Ensemble, ils s’activent. Les feuilles apportent la structure qui laisse circuler l’air, absorbent l’excès d’humidité et nourrissent les champignons qui dégradent la lignine. Le problème pratique est le calendrier : les feuilles arrivent toutes en six semaines, alors que les déchets verts se produisent toute l’année. La solution est de les stocker.

Quelles feuilles se décomposent vite et lesquelles traînent ?

La vitesse dépend de la teneur en lignine, en tanins et en cires, et de l’épaisseur de la feuille. Les repères suivants correspondent à des feuilles entières dans un tas correctement humide ; le broyage divise ces durées par deux environ.

GroupeEspècesDurée indicativeConseil
Rapide (moins de 6 mois)Tilleul, frêne, érables, bouleau, noisetier, charme, aulne, orme, pommier, cerisier, saules, peupliers3 à 6 moisÀ incorporer directement dans le composteur, en couches de 10 cm alternées avec les déchets verts
Moyenne (6 à 12 mois)Hêtre, marronnier, robinier, vigne vierge, lilas, sorbiers6 à 12 moisBroyer, humidifier ; bon équilibre pour un compost d’automne
Lente (1 à 2 ans)Chênes, châtaignier, platane, magnolia, copalme12 à 24 moisRiches en tanins ou coriaces : broyer impérativement, mélanger à 30 % maximum du tas, ou réserver au terreau de feuilles
Très lente et particulièreNoyer, laurier-cerise, houx, laurier-sauce, eucalyptus, aiguilles de conifères2 ans et plusCires, huiles essentielles ou juglone : en petite quantité, broyées, dans un compost actif ; les aiguilles font un excellent paillis pour les plantes acidophiles

Deux idées reçues méritent une précision. Les feuilles de noyer contiennent de la juglone, toxique pour certaines plantes au pied de l’arbre, mais cette substance se dégrade en quelques semaines dans un compost actif : il n’y a pas de raison de les exclure, seulement de les mélanger. Les aiguilles de pin et d’épicéa acidifient modérément et surtout se décomposent très lentement : elles servent mieux en paillage sous les myrtilles, rhododendrons et hortensias qu’au composteur.

Comment composter les feuilles mortes, étape par étape ?

  1. Ramassez-les sèches ou à peine humides, de préférence avec une tondeuse à bac : elles sont broyées et mélangées à un peu d’herbe du même coup, ce qui amorce la décomposition.
  2. Dans le composteur, alternez une couche de 10 à 15 cm de feuilles avec une couche de déchets verts ou de tontes de même épaisseur. Visez à peu près une part de vert pour une à deux parts de feuilles en volume.
  3. Humidifiez les feuilles sèches à l’arrosoir en les étalant : un tas de feuilles sèches reste sec en son cœur pendant des mois. La bonne humidité est celle d’une éponge essorée.
  4. Brassez une fois après un mois, puis au printemps. Les feuilles collées en paquets (platane, chêne) doivent être défaites à la fourche.
  5. Le surplus va dans un silo de grillage ou des sacs percés à l’ombre : il servira de matière brune en été, quand la tonte et les épluchures abondent, ou deviendra du terreau de feuilles en deux hivers.

Peut-on composter des feuilles malades ?

Cela dépend de la température que votre compost atteint. Un composteur de jardin bien alimenté et brassé monte à 50 ou 60 °C au cœur pendant quelques jours, ce qui détruit la plupart des champignons des feuilles (tavelure, rhytisme de l’érable, oïdium) et les chrysalides de la mineuse du marronnier. Un petit tas froid, lui, les conserve et les réintroduit au jardin avec le compost. Dans ce cas, mieux vaut la collecte des déchets verts, l’enfouissement sous 10 cm de terre ou une plate-bande éloignée des plantes sensibles. Les feuilles de plantes atteintes de maladies réglementées (feu bactérien) ou de la pyrale et du dépérissement du buis doivent sortir du jardin. Le brûlage n’est pas une option en France : voir Brûler les feuilles mortes.

Quelles feuilles ne pas mettre, ou avec précaution ?

  • Feuilles ramassées en bordure de route très fréquentée : poussières de freins et hydrocarbures ; réservez-les au paillage des massifs d’ornement plutôt qu’au potager.
  • Feuilles de renouée du Japon et d’autres invasives : sans danger pour les feuilles seules, mais aucun fragment de tige ou de rhizome ne doit entrer dans le tas.
  • Feuilles traitées (fruitiers pulvérisés au cuivre à répétition) : en petite proportion, le cuivre s’accumulant.
  • Feuilles de laurier-rose, d’if et autres plantes très toxiques : compostables sans risque pour le sol, mais portez des gants et évitez de les laisser à portée des enfants et des animaux en attendant.

Pour l’ensemble des matières admises et refusées au compost, la fiche Compost : ce qu’on met et ce qu’on évite sert de pense-bête ; et si le composteur est plein, le guide Que faire des feuilles mortes compare les autres débouchés.

Sources

  1. ADEME, compostage domestique et déchets verts
  2. RECYC-QUÉBEC, compostage domestique
  3. Bruxelles Environnement, composter chez soi
  4. Société nationale d’horticulture de France, Jardiner Autrement

Voir aussi