Faire sécher et conserver des feuilles : les méthodes

Pour sécher des feuilles, la presse entre papier absorbant reste la méthode la plus fiable, en une à trois semaines ; le fer à repasser et le micro-ondes donnent un résultat en quelques minutes mais plus fragile, et le bain de glycérine conserve des feuilles souples et brunes pour la décoration. La couleur se garde en séchant vite, à l’abri de la lumière, et en stockant au sec.

Mis à jour le 7 novembre 2026

En bref

  • Presse à plat : une à trois semaines, feuilles planes et rigides, couleur bien conservée si le papier est changé régulièrement ; c’est la méthode de l’herbier.
  • Fer à repasser ou micro-ondes : quelques minutes, idéal pour une activité, mais feuilles cassantes et parfois brunies.
  • Glycérine (1 volume pour 2 d’eau) : deux à six semaines, feuilles souples et durables, couleur tirant vers le brun ou le bronze ; parfait pour les rameaux décoratifs.
  • La couleur d’automne se conserve d’autant mieux que la feuille est pressée le jour même et séchée rapidement ; le rouge des érables et le jaune du ginkgo tiennent bien, le vert vire toujours un peu.
  • Conservation : à plat, au sec, à l’abri de la lumière directe ; vernis ou cire seulement pour les usages décoratifs.

Quelle méthode de séchage choisir ?

Tout dépend du résultat attendu (planche d’herbier, décoration, bricolage d’enfants) et du temps disponible. Le tableau compare les six techniques courantes.

MéthodeDuréeRésultatCouleurPour quel usageLimites
Presse entre papier journal7 à 21 joursPlat, rigide, durableBonneHerbier, encadrementLenteur ; changer le papier
Livre lourd2 à 4 semainesPlatMoyenneSouvenirs, marque-pagesPages tachées ; feuille moins bien séchée au centre
Fer à repasser5 à 10 minutesPlat, cassantMoyenne, parfois brunieActivité en classe, collage immédiatFragile ; adulte requis
Micro-ondes entre papier absorbant1 à 3 minutes par étapes de 30 sPlat, cassantVariablePetites feuilles, urgenceRisque de roussir ; jamais avec des agrafes ou du métal
Bain de glycérine2 à 6 semainesSouple, lisse, durableVire au brun, bronze ou vert oliveRameaux décoratifs, couronnesCoût ; pas pour l’herbier (fausse la couleur)
Cire ou paraffineQuelques minutes après séchage préalableBrillant, protégéFixéeGuirlandes, décorationÉpaississement ; pas d’étude botanique possible

Comment presser des feuilles dans les règles ?

  1. Récoltez par temps sec, des feuilles propres et intactes ; essuyez-les si besoin sans les frotter. Les feuilles d’automne doivent être pressées dans les heures qui suivent : une feuille d’érable rouge laissée dans un sac brunit en une nuit.
  2. Disposez chaque feuille entre deux feuilles de papier journal ou de papier absorbant, bien à plat, pétiole compris. Les feuilles épaisses ou charnues (magnolia, houx) sont incisées au revers le long de la nervure principale pour sécher plus vite.
  3. Alternez journaux et carton ondulé, puis chargez d’un poids régulier (livres, planche et parpaing) ou serrez une presse à sangles.
  4. Changez le papier au bout de 48 heures, puis tous les trois ou quatre jours. Un papier humide au contact de la feuille est la cause de presque tous les brunissements.
  5. Après une semaine, testez : une feuille sèche est rigide et à température ambiante au toucher ; une feuille encore humide paraît fraîche et fléchit.

Pour la méthode au fer : réglez-le sur température moyenne sans vapeur, placez la feuille entre deux papiers absorbants et repassez par pressions de dix secondes, en vérifiant entre chaque passage. La feuille est prête quand elle ne dégage plus de buée.

Comment conserver la couleur des feuilles d’automne ?

Les pigments jaunes (caroténoïdes) résistent bien au séchage ; les rouges (anthocyanes) sont solubles dans l’eau et se dégradent si le séchage traîne ; le vert (chlorophylle) brunit presque toujours un peu. Pour garder la couleur :

  • Pressez le jour de la récolte et séchez vite, dans une pièce chaude et sèche.
  • Évitez le soleil direct pendant le séchage et ensuite : la lumière décolore en quelques mois une feuille encadrée face à une fenêtre.
  • Choisissez les espèces qui gardent bien : ginkgo (jaune d’or stable), érable à sucre et érable du Japon (rouge et orange), copalme (pourpre), tulipier (jaune), vigne vierge (rouge). Le hêtre et les chênes donnent de beaux bruns stables mais ternes.
  • Les conifères perdent leurs aiguilles au séchage à plat (épicéa, mélèze) ; collez le rameau à plat sur son support avant le séchage complet ou passez-le à la glycérine.

Le guide Pourquoi les feuilles rougissent explique l’origine de ces pigments et donne la couleur habituelle de chaque espèce.

Comment préparer un bain de glycérine ?

Mélangez un volume de glycérine végétale (en pharmacie ou en droguerie) pour deux volumes d’eau chaude. Pour des rameaux entiers (eucalyptus, hêtre, laurier, chêne), recoupez la base en biseau et plongez-la dans 10 cm de solution ; la glycérine remplace progressivement l’eau dans les tissus. Le rameau est prêt quand les feuilles sont souples et légèrement grasses au toucher, et qu’une goutte de glycérine perle au bout des feuilles : deux à six semaines selon l’épaisseur. Pour des feuilles isolées, immergez-les complètement trois à cinq jours, puis égouttez et essuyez. Les feuilles glycérinées ne moisissent pas, ne se cassent pas et se conservent des années, mais leur couleur n’est plus celle de la nature : ce procédé est réservé à la décoration.

Comment stocker et protéger des feuilles séchées ?

Les feuilles séchées à plat se conservent entre des feuilles de papier non acide, dans une boîte ou un classeur, dans une pièce sèche, à l’abri de la lumière. Trois ennemis : l’humidité, qui fait moisir ; la lumière, qui décolore ; et les insectes des collections (psoques, anthrènes, lépismes), que l’on contrôle en inspectant les boîtes une fois par an et en congelant 48 heures un lot suspect dans un sac fermé. Pour un usage décoratif ou pour un bricolage d’enfants, un vernis mat en bombe ou une plastification à chaud protègent et rigidifient ; pour une planche d’herbier scientifique, on s’en abstient, car ils empêchent toute observation ultérieure. La méthode complète de montage, d’étiquetage et de classement est décrite dans le guide Réaliser un herbier scolaire, et la structure d’une feuille, utile pour légender vos planches, dans Anatomie d’une feuille.

Sources

  1. Muséum national d’Histoire naturelle, herbier national et conseils de conservation
  2. Tela Botanica, réseau des botanistes francophones
  3. Espace pour la vie (Montréal), Jardin botanique

Voir aussi