Anatomie d’une feuille : parties, tissus et vocabulaire

Une feuille se compose d’un limbe, la partie plate et verte, relié au rameau par un pétiole et parcouru de nervures qui l’irriguent et le soutiennent ; sa base porte parfois des stipules ou une gaine, et son contour se décrit par l’apex, la base et la marge. À l’intérieur, un épiderme percé de stomates enveloppe des parenchymes riches en chloroplastes et des faisceaux conducteurs qui amènent l’eau et emportent les sucres.

Mis à jour le 7 novembre 2026

En bref

  • Trois parties visibles : le limbe (surface), le pétiole (queue) et les nervures (squelette et canalisations) ; la base du pétiole porte parfois deux stipules.
  • Le contour se décrit avec quatre mots : forme générale du limbe, apex (pointe), base et marge (bord).
  • Une feuille composée est une seule feuille découpée en folioles portées par un rachis ; le test est le bourgeon, présent seulement à la base de la feuille entière.
  • Sous la loupe : un épiderme couvert d’une cuticule cireuse, des stomates surtout dessous, un parenchyme palissadique dessus et lacuneux dessous, des faisceaux de xylème et de phloème dans les nervures.
  • Chaque détail a une fonction : capter la lumière, échanger les gaz, limiter la perte d’eau, résister au vent.

Quelles sont les parties visibles d’une feuille ?

Prenez une feuille de tilleul ou de hêtre : vous voyez une surface plane, une queue qui la rattachait au rameau et un réseau de lignes saillantes. Ce sont les trois pièces de base, dont le tableau donne le nom, le rôle et la manière de les observer.

PartieDéfinitionRôleComment l’observer
LimbePartie élargie et plate, généralement verteCapter la lumière, échanger les gazSa forme (ovale, cordée, lancéolée, lobée) est le premier critère d’identification
PétioleTige qui relie le limbe au rameauOrienter le limbe vers la lumière, amortir le vent, conduire la sèveLong chez le peuplier (et aplati chez le tremble, d’où le tremblement), presque nul chez le chêne pédonculé ; absent chez les feuilles sessiles
NervuresFaisceaux conducteurs saillants qui parcourent le limbeAmener l’eau et les minéraux, exporter les sucres, rigidifierLeur disposition, la nervation, est pennée (une nervure centrale et des latérales), palmée (plusieurs nervures partant de la base) ou parallèle
StipulesDeux petites pièces foliacées ou écailleuses à la base du pétioleProtéger le bourgeon jeuneBien visibles chez les saules, le rosier, le trèfle ; tombent vite chez le tilleul et le hêtre
GaineBase élargie du pétiole qui entoure la tigeSoutien, protectionFeuilles engainantes des graminées, des ombellifères comme la grande berce
LigulePetite languette à la jonction gaine-limbeEmpêcher l’eau de couler dans la gaineGraminées seulement (chiendent, bambous)

Comment décrire le contour d’une feuille ?

Les botanistes découpent le contour en trois zones et un caractère de surface :

Ces quatre descripteurs, ajoutés à la forme du limbe et à la disposition des feuilles sur la tige (alterne, opposée, verticillée), constituent l’étiquette descriptive complète d’une feuille d’herbier ; le guide Réaliser un herbier scolaire montre comment la rédiger.

Feuille simple ou feuille composée : comment ne pas se tromper ?

Une feuille simple a un limbe d’un seul tenant, même très découpé (chêne, érable, platane). Une feuille composée est divisée en folioles indépendantes portées par un axe appelé rachis : frêne, noyer, robinier, marronnier. Pour trancher, cherchez le bourgeon : il n’existe qu’à l’aisselle de la feuille entière, jamais à la base d’une foliole. Une foliole de frêne n’a donc pas de bourgeon à sa base, alors qu’une feuille de hêtre, même petite, en a un. La disposition des folioles distingue ensuite les feuilles pennées (folioles le long du rachis, en nombre impair ou pair), palmées (folioles partant d’un même point) et trifoliées (trois folioles, comme le trèfle).

Que voit-on à l’intérieur d’une feuille ?

Une coupe transversale au microscope, ou simplement l’observation d’une feuille épaisse déchirée, révèle une structure en sandwich où chaque couche a sa fonction.

TissuOùRôleDétail observable
CuticuleCouche cireuse sur les deux facesImperméabiliser, limiter l’évaporation, réfléchir une partie du rayonnementBrillance des feuilles de houx ou de laurier ; l’eau perle dessus
Épiderme supérieurUne couche de cellules transparentesProtéger, laisser passer la lumièreSe pèle en pellicule sur une feuille d’ail des ours ou de poireau
Parenchyme palissadiqueSous l’épiderme supérieurSiège principal de la photosynthèse : cellules allongées bourrées de chloroplastesExplique le vert plus foncé du dessus de la feuille
Parenchyme lacuneuxMoitié inférieureCellules espacées laissant circuler les gaz entre stomates et cellules photosynthétiquesDessous plus clair, mat
Faisceaux conducteursDans les nervuresXylème (eau et minéraux montants), phloème (sucres descendants), fibres de soutienLes nervures en relief sous la feuille ; le réseau subsiste seul dans une feuille décomposée
Épiderme inférieur et stomatesFace inférieure surtoutPores entre deux cellules de garde qui s’ouvrent pour laisser entrer le CO2 et sortir la vapeur d’eauInvisibles à l’œil nu ; des centaines par millimètre carré ; les feuilles grises des plantes méditerranéennes les cachent sous des poils

Le fonctionnement de cet ensemble, c’est-à-dire la transformation de la lumière, de l’eau et du gaz carbonique en sucres, est expliqué dans La photosynthèse expliquée simplement, et la structure des cellules elles-mêmes dans la fiche La cellule.

Pourquoi les feuilles ont-elles des formes si différentes ?

Toutes les feuilles résolvent le même problème : exposer un maximum de chloroplastes à la lumière tout en perdant un minimum d’eau et en résistant au vent, au froid ou aux herbivores. Les feuilles larges et minces du catalpa ou du paulownia captent beaucoup de lumière dans un climat humide ; les aiguilles des pins et les écailles des cyprès, enroulées sur elles-mêmes, réduisent la surface d’évaporation ; les feuilles découpées des érables et des chênes laissent passer le vent et refroidissent mieux ; les feuilles grises et velues du ciste ou de l’olivier réfléchissent le soleil et piègent une couche d’air humide. Le lexique de la feuille définit chacun de ces termes avec un schéma, et la clé d’identification les utilise pas à pas pour nommer un arbre.

Sources

  1. Tela Botanica, réseau des botanistes francophones, glossaire botanique
  2. Muséum national d’Histoire naturelle
  3. Espace pour la vie (Montréal), Jardin botanique

Voir aussi